Vous avez toujours voulu être indépendant, c'était une volonté ?
E : Ceux qui font croire qu'ils ont vraiment voulu être en indé, c'est du mytho, nous on est indé par dépit.
Et puis, on n'était pas prêt, il y avait une formation qui était impérative avant d'arriver à ce que l'on voulait. Quand on s'est rendus compte que notre identité était vraiment définie, et que ce qui se dégageait correspondait à ce que l'on avait envie de renvoyer au public, on s'est dits "merde, c'est pas des morceaux qui ont de l'envergure locale", pour nous ça avait de l'envergure nationale. C'est clair que l'un des seuls moyens de pouvoir toucher tout ça, c'est d'aller démarcher ceux qui te permettent d'y arriver.
Comment vous en êtes arrivés à signer chez Deshmusic ?
E : C'est notre manager qui a envoyé nos sons à Deshmusic. Et Deshmusic n'avait pas de projet de résigner un groupe de rap avant longtemps, mais bon ils ont eu un coup de c½ur pour nous. Et on a une proposition de signature en édition puis on continuait à maquetter, on avait l'accès au studio. Puis notre manager a démarché Labels, c'est comme ça que les choses se sont vite enchaînées. A partir du démarchage ça a été rapide.
Vos sensations quand vous avez terminé l'album, on se dit "ça y est, c'est bon il n'y a plus rien à retoucher" ?
DJ W : Il a fallu longtemps avant qu'on se dise qu'il n'y avait plus rien à retoucher, et puis rien c'est entre guillemets, il y a toujours un truc à faire, on est des psychopathes.
E : Mais non, cet album il est complet, il y a rien à retoucher, bon il y a toujours un truc de psychote en se disant est-ce que les gens vont comprendre le coup culotté de faire un morceau métal Hip Hop en plein milieu d'un album Rap. On est toujours dans le stress de faire des choses osées avant et une fois que c'est fini et qu'on peut plus rien faire, on se dits comment les gens vont le percevoir .Il y a toujours cette panique de savoir comment les gens vont nous comprendre, comme on dit des choses qui nous touchent au plus profond de nous-mêmes. Ça fait toujours un peu chier des gens qui disent "Ouais c'est pas intéressant ce que tu dis".
C'est plus ça qui me fait peur, d'être trop à vif étant donné que dans cet album j'ai osé parler de choses qui sont vraiment très personnels, quand on fait ça, on tient vraiment être à compris.
DJ W : Quand on pense être arrivé au terme de notre travail, avoir fait le maximum il n'y a plus grand-chose à faire, on n'a plus les cartes en main.
E : Oui, maintenant, on est vraiment prêts à aller défendre notre album sur scène, en studio ce n'est pas de la vrai Zic. Aujourd'hui on est dans une autre phase, on est prêts à aller faire de la Zic concrète.